La proximité avec des étrangers ça nous rend plus humain, qu’on le veuille ou non

 

La fois où l’on a décidé de se taper le tiers de l’Europe de l’ouest en bus. De la Croatie jusqu’à Frankfurt, Allemagne. Billets achetés sur internet, aucune information bien précise, le logo de la compagnie est rétro avec un genre de palmier. Ouais aller go on est motivés. Into the german lannnd. On est à l’heure, le bus est en retard, ça vient avec le prix.

Bon, et c’est pas parce qu’on est en Croatie qu’on se la coule douce au soleil, non, on est en Janvier, il fait -3 et le Bura est présent. Petite introduction au phénomène météorologique croate: le Bura, c’est le vent. Et ici, il est légendaire. En temps bien normal, il atteint les 80-100 km à l’heure. Fack on est là, au terminus d’autobus grouillant d’Européens, à manger une spécialité du pays: un pain fourré aux patates que tu trempes dans du yogourt. Le temps de 3 bouchées et j’étais fan.


On monte dans le bus jam packed, pas de place pour essayer de vivre un peu. Littéralement tous les sièges sont occupés. Même la lignée de 5 à l’arrière. Faut dire que la proximité avec des étrangers ça nous rend plus humain, qu’on le veuille ou non. On se met en route. Okay guys on est capable, on va y arriver. Même pas 10 minutes passées qu’une ligne infinie de lumière à brake s’étale devant nous.

Je m’assoie en essayant de gérer ma patience. Il est 21h00. Je me mets à chercher la gourde d’eau, gauche, droite, sacoche, manteau, dessous du banc, sacoche, criss. « Kyle? » « Non Sarah, I don’t know you had it last. » Shit. J’ai l’image de ma Nalgène voyageant solo sur notre dernier bus, s’en allant God knows where.


Ça nous prend un p’tit moment avant de réaliser qu’on est dans la ligne d’attente pour traverser la frontière de la Slovénie. Quatre heures d’attente. Quatre heures bien assez longues pour te faire regretter 25 fois ta décision et te laisser la gorge bin sèche. Je me dirige vers l’avant du bus « Scusez monsieur, can I use the toilet? » « No sorry we don’t let the passengers use it. »

Moment de silence.

Fack t’es en train de me dire que pendant les 16 heures de bus on va tous devoir psychologiquement ainsi que physiquement contrôler nos vessies? Bin voyons donc ciboire. Service hors-pair guys. La pisse-minute que je suis est vraiment pas down.


On baigne dans une marre de messieurs slaves, tous dans leurs quarantaines, tous bien indifférents à notre existence. Ils ont chacun leur breuvage Fanta et leur paquet de clopes suspendus sur le siège avant. Ils se crack des jokes par-dessus l’épaule, nous on est là à manger notre plat de pâtes fait de la veille chez nos amis couchsurfers.

Mais c’est là qu’être entouré de personnes qui ne comprennent pas ta langue, ça peut devenir amusant. Tu peux, à voix haute, leur shooter des commentaires sarcastiques. Genre le mec assis à tes côtés qui écarte bien comme il faut ses jambes et qui utilise pleinement ton espace de 4 pouces et demi ; « Scuse-moi hommie, j’vais avoir besoin de ce demi pouce pour y mettre mon genou » « Pour vrai homeboy, merci d’être un voisin hors-pair. » Tu lui souris, il te regarde du coin de l’œil, malaisé, se demandant qu’est-ce que tu lui veux. Ça va prendre une p’tite minute, mais tu vas le gagner ce demi pouce. Le sarcasme c’est international.

Une fois que ces gentlemans réalisent qu’ils ont assez de temps pour se fumer une clope pendant que le bus est en stand-by, vous les avez jamais vu bouger aussi rapidement. Un tsunami d’hommes se précipitant pour avoir leur dose de nicotine. Certain doivent même courir après le bus puisqu’on doit avancer ardûment dans cette marre de voitures impatientes. Nous on est toujours là, à manger notre chocolat noir 72% comme si on était devant un Tvshow. T’sais le genre d’émission qui joue quand t’allumes la télé dans un pays étranger. Ouais c’est ça, le genre toujours un peu dramatique-léger-pas-rapport. Il est minuit et nous sommes à quelques pas de la Slovénie.

Une fois passés la frontière, le chauffeur célèbre ça en mettant un CD de tounes catchy des années fin 90. Surement un de ces HIT MIX 1999. Il crinque le son. On essaye tous d’oublier qu’on existe le temps de 16 heures. Le temps de traverser le tiers de l’Europe de l’ouest.

Pour en finir avec les mythes sur le voyage à long terme

On a souvent tendance à croire que le gazon est plus vert chez le voisin. Qu’il est plus chanceux que nous et que sa vie est juste plus l’fun que la nôtre.  On m’a souvent demandé: « Non mais sérieusement, comment tu fais pour voyager pendant des huit mois d’affilées? Je pourrais même pas me permettre deux semaines. T’es trop chanceuse de pouvoir faire ça, I wish » Bon, quand on pense au voyage, la plupart ont en tête les grandes dépenses et les dettes qui s’accumulent suite aux : « j’me paye la traite, j’suis en vacances ». Mais en réalité, il y a une ligne importante à tracer entre les vacances et puis le voyage. Ce sont deux choses  similaires, mais qui ont des intentions bien différentes. Voyager c’est pas seulement le temps d’une semaine pour voir en surface ce qui se passe dans tel pays. C’est plutôt le désir d’explorer authentiquement une culture qui t’étais totalement inconnue. Un plongeon direct dans une nouvelle vision des choses, un nouveau monde. La question reste: Comment peut-on combiner séjour à long terme, immersion culturelle et puis petit budget? Mais surtout, comment ton séjour peut-il avoir un impact positif sur les locaux des pays que tu visites?

Le tourisme en soit peut effectivement créer des emplois, mais il peut aussi très souvent détériorer l’authenticité de la culture et puis créer un débalancement dans l’économie locale. Quand tu passes une semaine dans un resort tout inclus, qui est-ce qui en bénéficie? Les employés sous-payés ou la minime partie de la population aisée qui continue de se remplir les poches? Ce genre d’industrie a tendance à oublier les racines culturelles du pays pour s’adapter sans cesse au tourisme. En tant que voyageur(se), c’est clairement un phénomène à prendre en considération et qui porte à réflexion. Comment se promener autour du globe, et ce d’une façon plus durable? Et bien, avec la technologie de nos jours, la communication à l’internationale devient de plus en plus facile et accessible. Créer des contacts en Europe, en Asie et en Amérique du Sud, le tout en même temps; y’en a vraiment pas de problèmes. Ce n’est pas les ressources qui manquent, mais peut-être le fait de savoir qu’elles existent.

Aujourd’hui, plusieurs organisations ont comme objectif de créer des réseaux permettant l’échange de services au niveau mondial, à échelle locale. Bref, la possibilité de travailler volontairement à travers le monde, en échange d’un lit et de quoi bien se nourrir.  De quel genre de service on parle ici? Pour ce qui est de l’organisation Wwoofing par exemple, leur but est de guider le volontariat en ce qui a trait aux fermes biologiques. L’expression signifie en réalité « world  wide opportunities organic farming » et leur slogan explique très bien leur intention: « Pensez globalement – Agissez localement! ». Donc, comprendre que tu peux t’investir dans une communauté locale, et ce sur un autre continent. L’objectif est aussi de promouvoir les projets à petite échelle influençant positivement et directement les personnes à proximité. En optant pour cette organisation, l’expérience est orientée vers l’apprentissage des différentes méthodes de travail nécessaires pour vivre un mode de vie plus durable et écologique.

Pour ce qui est de l’organisation Workaway, les possibilités sont encore plus nombreuses et variées. T’sais cette chose que tu as toujours voulue faire, ou du moins essayer, mais qui ne se retrouve pas sur la liste de programme universitaire et qui semble simplement inaccessible. Et bien voilà. Avec ce genre de système d’échange, tu peux aussi bien aider  une école de surf sur les côtes du Portugal, en apprendre sur la permaculture dans la jungle d’Hawaii, nourrir et s’occuper de chevaux dans les montagnes en Croatie, aider dans un hostel en Australie, qu’être la nounou d’une famille en Nouvelle-Zélande. Les options sont littéralement infinies; et bien à la hauteur de tes désirs les plus random. Tu te créer un compte sur le site internet (avec une charge d’entrée très raisonnable), tu choisis un sujet, un pays et puis les opportunités ne font que débouler devant toi, prêtes à ce que tu leur donne vie. Juste comme ça, tu t’es trouvé une place où vivre et une passion à explorer, le tout à l’étranger.

Ce qu’il y a de précieux dans toute cette histoire, et que le tourisme n’englobe pas tout à fait, c’est l’immersion culturelle et puis le contact authentique avec les locaux. Tu cohabites pendant plusieurs semaines avec les personnes du pays. Tu t’investis et prend ta place au sein de cette communauté et ça devient gratifiant d’observer les répercussions immédiates de ton implication. Tu crées, plantes, construis, organises, enseignes, apprends et accomplies beaucoup de choses tout au long du périple. Sans oublier le fait que tu peux te permettre, monétairement, de voyager pendant plusieurs mois, puisque tes besoins primaires sont comblés. En fin de compte, t’habites dans un autre pays, et puis à long terme ça te coûte moins cher que de travailler pour payer un loyer chez vous. Qui a dit que voyager ça coûtait trop cher?

Bon, malgré tous ces avantages et points positifs, toute chose n’est pas parfaite. Il n’y a pas tout le monde qui est à l’aise de cohabiter constamment avec d’autres personnes. Ça vient avec des sacrifices et une petite retenue à comprendre que tu habites chez quelqu’un et non dans un hostel où t’as payé pour ton espace. Tout dépend de ta facilité d’adaptation et puis ta capacité à recentrer ta zone de confort; qui est d’ailleurs quelque chose de magnifique à façonner en voyageant. À travers mes expériences, très rarement je me suis sentie  inconfortable et jamais que l’on a manqué de respect face à mon espace personnel. La grande majorité des hôtes veulent que tu te sentes à la maison et vont faire tout en leur possible pour y parvenir.

Avec les années, la curiosité et l’ouverture envers l’échange interculturel ne font que grandir, et c’est magnifique. Mais en tant que voyageur(se), ça reste important d’être conscient(e) des impacts que nos projets et nos rêves peuvent avoir sur les personnes qui nous accueillent dans leur pays. Savoir qu’il existe des façons de voyager différemment  en ayant des répercussions positives! Que ce soit avec ce genre de système d’échange ou en frayant son propre chemin, l’important c’est d’être conscient(e) de l’environnement qui nous entoure. Le bagage culturel et l’expérience que tu acquières en voyageant est simplement incomparable. Les contacts que tu créer t’ouvrent beaucoup de portes autant en ce qui a trait à des jobs qu’à des opportunités personnelles.

Pour ce qui est du volontariat, certaines organisations offrent même une lettre de référence prouvant ton implication à l’international, ben oui ça parait toujours bien dans un CV. Bref, si tu te demandais si c’était possible de créer un équilibre au sein d’une vie nomade, et bien oui c’est tout à fait possible.

Le tree planting et tout ce qui vient avec

J’arrive avec un mind set de: « Je m’en vais vivre trois mois dans la forêt de l’Ouest canadien, travailler avec la nature et feel good about what i am erning money for ».

5:45 le cadran sonne. Les premiers jours tu te sens tout frais, la motivation dans le tapis. Du genre early bird méditant et prenant son thé sur le bord du feu avant d’entamer cette magnifique journée. On se fait servir le déjeuner; il est 6:10. Embarque dans le pick-up, on se branche sur la station de radio « backspin » et on se crinque avec du Ice Cube. Une bonne heure plus tard, on arrive au bloc; le terrain où l’on plante les arbres. On t’attribue un lopin de terre d’une superficie relativement large et puis c’est ton terrain de jeu pour les prochains jours.

En réalité, on arrive sur les lieux après la tragédie: une bande d’excavateurs ayant abattu la forêt. Pour vous donner un petit aperçu de l’exploitation forestière dans l’Ouest canadien : la Colombie-Britannique représente en moyenne 40% du bois cultivé au Canada. Pour ce qui est de la superficie, les forêts couvrent pratiquement la moitié du territoire canadien, pour un total de 347 millions d’hectares. Tout ça, à l’échelle global, représente 9% de la forêt mondiale. L’ennui c’est que, depuis l’invention de la machinerie lourde, les compagnies ne choisissent plus soigneusement les arbres. Elles préfèrent la façon rapide : la coupe à blanc. Le Canada fait maintenant partie du top 4 des zones de déforestation élevée au niveau mondial. De quoi s’alarmer un peu, non? Heureusement, les multinationales exploitant nos forêts doivent replanter le même nombre d’arbres qu’elles coupent, et ce par loi. Elles engagent donc des compagnies forestières, qui elles nous engagent pour planter des bébés arbres de deux pouces et demi.

Malgré ces lois émises pour assurer la régénération de nos forêts, les coupes à blanc sont mortelles pour nos chers écosystèmes.  Certain liront ces statistiques, grimaceront amèrement et puis oublieront la gravité de la situation. D’autres trouveront une motivation au sein de ces chiffres et puis iront d’eux-mêmes replanter ces arbres.

Donc dans ta tête, tu avais cette belle et innocente image de toi qui plante agréablement, contribuant humblement à la reforestation de notre pays. Mais dans le fond, c’est toi sur un terrain composé de milliers d’arbres morts, tombés, et des montagnes de débris qui en découle.  Tu dois gérer un grand nombre d’obstacles. On te dépose des boîtes et tu dois bag-up; donc mettre le poids d’environ trois cent arbres sur tes hanches. Tu prends toute ta motivation accumulée et puis tu fais ton entrée en jeu. Tu te mets à planter. Naturellement, tu t’étais convaincu du fait que mettre un arbre dans le sol c’était pas compliqué; ça prend pas la tête à Papineau. Surprise! Il y a une liste d’au moins dix critères à respecter pour que ton arbre soit « accepté ». Puisque oui, ils checkent bien comme il faut la qualité de ceux-ci. Sur ce, ça fait déjà un bon cinq heures que tu bêches la terre, tu en as planté environ sept cent. Le soleil tape, t’es déjà sur le bord d’être à boute, et puis ton responsable vient t’annoncer que tu dois replanter chacun d’eux; puisqu’ils sont imparfaits. Là vient le moment où tu te demandes sincèrement : « Non mais, qu’est-ce que je fais ici? »

Ta bulle d’optimisme se pète assez rapidement. 5 :45 le cadran sonne, t’enfiles tes vêtements de travail encore humide de la veille, que tu n’as pas lavés depuis deux semaines. Le zipper de ta tente est gelé, la dernière chose dont tu as envie c’est de sortir de ta zone de chaleur. Mais tu dois, c’est toi qui a choisi d’embarquer les pieds joints dans cette expérience. Tu entends une planteuse dire: « C’est rendu un peu trop facile le tree planting, y’a comme plus de challenge. » Toi t’es là, encore en train d’essayer de comprendre comment ils veulent que tu plantes l’arbre; en te demandant franchement comment tu vas pouvoir un jour, toi aussi, dire quelque chose de semblable. C’est correct, ça peut juste aller en montant qu’ils disent.

Dans le fond, on pourrait comparer le tout à une grosse course à obstacles. Il y a des fois où tu dois planter des terrains que tu catégoriserais plutôt verticale qu’horizontale. Tu es là, à suer ta vie à travailler en angle, en essayant de ne pas sacrer le camp en bas du cliff. Un petit extra escalade, génial.  Sans parler du nombre de fois que tu pognes des débarques… solides. Essayes donc d’enjamber un amas de bois mort entrecroisé avec quarante-cinq livres posés sur tes hanches.  On s’en reparlera. Il faut tout de même avouer que ça rajoute une touche d’humour à ta journée. Là, aplati sur le sol avec aucune autre source de motivation que de rire de ta propre personne le temps de deux minutes. Vient le moment où les souches, de ce qui fût un jour un arbre, deviennent tes bonnes amies. Tu spot la plus confortable et tu déposes ton surplus de poids sur celle-ci. Tu regardes à l’horizon; un paysage à couper le souffle. Des immenses montagnes couvertes de neige et des forêts à perte de vue. T’inspires, t’expires. Tu te rappelles que la Terre n’a pas arrêtée de tourner.

Sur cet élan de counsciousness, je voudrais prendre le temps de remercier Eminem pour son incroyable support tout au long de ma première semaine. Sa musique était bien la seule chose qui me motivait à mettre un arbre dans le sol. T’sais, j’ai longuement pensé  à son amitié avec Dr. Dre, et puis pour vrai, je suis donc contente qu’ils se soient trouvés ces deux-là, de la grosse fraternité. Chapeau.

Sur ce, j’oserais peut-être dire que tu as plus de mauvaises journées que de bonnes en début de saison. Passer huit heures de temps  à essayer de gérer ton mental qui spin sans cesse, c’est vraiment pas toujours facile. Si tu as un truc qui te revient constamment en tête, et que ce truc est pas  jojo, prépare-toi à un bon ménage. Sans blague, planter des arbres c’est une énorme méditation. Tu es dans ta petite tête à journée longue, à dealer avec des conditions assez rough merci. Je vous donne un exemple: c’est le troisième jour de travail consécutif, ton énergie est déjà atténuée par l’effort physique constant, et puis t’as cette histoire de cœur qui ne cesse de venir te rendre visite. T’essais de te concentrer sur tes arbres, mais y’a ton petit hamster mental qui sprint en analysant de tous bord tous côté ton « histoire de cœur ». Ça te déconcentre, c’est vraiment énervant. Tu peux pas te changer les idées en parlant à quelqu’un ou en t’écoutant une télé série. Non, c’est juste toi et tes arbres. Tu jettes un coup d’œil à ta montre; il te reste encore sept heures  de temps à handle. Ça mes amis, c’est de la méditation.

Donc tu continues, t’es bien la seule personne présente pour te motiver.  Un arbre, deux arbres, trois arbres, « Ah ouais, j’avais jamais vue la conversation sous cet angle-là ».  Quatre arbres, cinq arbres, six arbres, « J’avoue, peut-être que j’aurais dû agir autrement ». Sept arbre, huit arbres, neuf arbres, « Ah si seulement … MERDE hamster prend un break, je veux juste planter mes bébés arbres ». Tu es là,  en plein milieu de la nature, à bouder, et ce pour aucune raison valable. La vie a décidé que tu devais surmonter une épreuve en plus aujourd’hui. Quelque chose se dépose sur ton épaule gauche, tu regardes. Un flocon de neige. Tu lèves la tête et aperçois un énorme nuage blanc se dirigeant tout droit sur toi. Un blizzard, la température drop à deux degrés, nous somme le 18 Juin.

Avec le temps, tu réalises que c’est vraiment juste une question d’attitude. Comme tout dans la vie dans le fond. Une fois que tu as passé le stade « ma vie est un enfer », tu apprends à apprécier la job. Tu constates ton amélioration à tous les jours, et repousser tes limites devient une satisfaction quotidienne. C’est rendu comme un jeu, et tu sais que tes chances de gagner augmentent à chaque jour. Et croyez-moi, quand tu atteints ton deux-milles arbres en une journée; c’est comme si tu venais d’arriver au sommet d’une montagne que tu hikes depuis trois semaines. Un seul mot : extase. Tu commences à comprendre pourquoi certain de tes collègues font ça depuis dix ans. Ils se font assez d’argent pendant trois mois et puis voyagent le reste de l’année.  Non mais, qu’est-ce que tu veux de mieux? C’est l’utopie des nomades qui ne peuvent rester trop longtemps à la même place! La vie est belle. Tu te trouves bien chanceux de pouvoir avoir accès à un salaire bien plus haut que le minimum, pour quelque chose qui s’en vient presque habituel. J’ai bien dit presque.

Planter des arbres c’est vraiment loin d’être une petite job  tranquille, ça forge ton caractère comme rien d’autre. C’est un gros défi que tu t’infliges pendant plusieurs mois, mais ce qui t’attends en bout de ligne est magnifique. Contribuer physiquement à la reforestation de nos forêts canadiennes, tout en vivant dans le bois pendant trois mois à tisser des liens uniques avec tes pairs. Même si j’ai pleuré une couple de fois et que l’envie d’abandonner me collait à la peau; je suis, oh donc heureuse d’avoir complété la saison. Malgré les jambes beurrées d’ecchymoses, les doigts complètement rappés, le fessier raqué comme jamais et les petites paniques à savoir si tes mains vont un jour décongeler et retrouver vie; c’est une job incroyable et je la conseille à n’importe qui voulant ajouter du piquant à son gagne-pain et puis couramment avoir des eyes contacts avec des ours.

La saison de planting a pris fin, tout le monde est back on the road. Une bande de jeunes errant sur les routes de l’Okanagan. People come and go, on le sait, ça vient avec le nomadisme.  Les personnes croisant ton chemin deviennent ta petite familia. Que ce soit pour une longue ou une courte durée. Home quickly becomes wherever you lay your head. Un mélange de réconfort éphémère et de bonheur futile. C’est satisfaisant, ça nous garde en vie. Je me suis trouvé deux nouveaux compagnons de voyage, un jeune homme et un chien nommé Trooper. On bum au gré du vent et on se sent vivant.

Bon été les cocos.

Source : Ressources naturelles Canada. Combien de forêts le Canada possède-t-il? Gouvernement du Canada,  01 décembre 2016. [En ligne].  Consulté le 19 janvier 2017

Disponible sur : http://www.rncan.gc.ca/forets/rapport/zone-forestiere/17602

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Toute chose finit par passer

Au moment où l’on se parle, je suis en pleine traverse du Canada. En char, avec trois autres humains et un chien, Denis. Déjà là, on s’assure un inconfort garanti, et ce pendant quatre jours. Ma mère m’avait bien demandée si j’étais certaine de vouloir me taper un roadtrip d’Est en Ouest prise deux. Puisque l’année d’avant j’ai traversé le pays dans un camper 1983 n’ayant pas touché la route depuis une dizaine d’années. Le résultat a été: une semaine, pris en Ontario à réparer le moteur old school.

T’sais, lonnnnnnnnnnnntario, ça t’en prend pas bien long pour en avoir eu assez. Tu penses que tu fais du progrès, ça fait un bon deux jours que vous conduisez, et puis tu demandes à un local combien de temps avant la frontière du Manitoba. La réponse te tue, à chaque fois: «..Oh boy, long trip you guys are doing hen ? Yeah, you still have a good ten hours of drive. » « Ah merci madame, je vais vous prendre un bon café (qui même avant d’y avoir trempé mes lèvres, me déçoit déjà) et puis une carte des provinces s’il vous plaît. » Tu te mets sur cruise control pis toute va bien aller.

Pendant ces quatre jours, tu essaies d’établir  ta zone de confort et tu l’explores de toutes les manières possibles. On t’a attribué un espace de vie pas plus gros que cinq pouces et demi au carré. Tu testes toutes les positions imaginables; tous les angles. Tu le sais à la fin c’est quoi ton set-up. Chaque élément de la voiture tient une place importante au sein du processus. Bref, tu joues à Tetris avec ta vie et tu essayes aussi de te rappeler que t’as entièrement décidé de le faire, ce trip.  T’es supposé avoir du fun.

Mais c’est là que les roadtrips te font réaliser que toute chose finit par passer. Du mal de cœur, jusqu’à l’excitation à l’idée du prochain arrêt. Du bonheur que tu ressens en prenant la route tôt le matin, jusqu’à l’envie de ne plus exister.  Des fourmis dans les jambes, jusqu’à l’extase d’avoir franchi la frontière ontarienne. Du C-D qui joue depuis deux jours et que tu jetterais à bout de bras, jusqu’à ces moments où tout le monde vibent sur une chanson.

Ah, et Denis qui te pile dessus; mais t’sais, tu lui pardonnes parce que lui dans le fond, il s’est réveillé un beau matin, une journée bien normale. Pensant retourner à la maison le soir venu; mais non, on le fait embarquer dans  un char avec trois inconnus. Et ses bagages eux ? Ses plans de la veille ? Ben non, SURPRISE! Tu pars en voyage et tu le savais même pas.

La pancarte écrit WELCOME TO MANITOBA, elle te met le sourire aux lèvres. Les prairies, c’est pas ce qu’il y a de plus excitant en terme de paysage, mais juste le fait d’être en Saskatchewan c’est déjà comique. En Alberta, les Rocheuses te donnent une raison d’ouvrir tes yeux fatigués et d’enjoy la route.

Arrivés à Banff, la famille éloignée accepte de nous laisser camper dans la cour arrière. Joie! Frette comme jamais, 6:45 Am, je me réveille. En voyage, impossible de loafer dans mon cocon le matin. Ce qui se passe à l’extérieur de ma petite maison de deux millimètres d’épaisseur de toile est beaucoup trop mystérieux pour m’enfouir dans mon sleeping et végéter. Je me mets à la recherche de toilettes. Une fois sur les trottoirs du village encore endormi, boom! Deux chevreuils devant mes yeux fraîchement éveillés; ils sont là à chiller tranquillement. Je suis là, à rire parce que la vie est belle comme ça.

Remerciements au Starbucks pour les installations sanitaires. On dépose deux moussaillons et on se dirige vers le skatepark. Un café en main, entourés d’immenses montagnes couvertes de neige blanche, on respire le grand air, on a le soleil au-dessus et le skate sous nos pieds. Un vent de good vibe; un vent de l’Ouest quoi. Pour vrai Banff, je t’aime. On se met en route, puisqu’il y a une job qui nous attend à Prince George, la capitale du nord de la Colombie-Britannique. On s’en va planter des arbres.

Des conditions de travail qui, je dois l’avouer, m’attirent grandement. Être dans le fin fond des bois pendant trois mois à travailler dans la nature. Pouvoir s’endormir tous les soirs sous un ciel étoilé dans ton petit royaume de toile waterproof. Sans oublier l’inexistence du Wi-Fi, qui nous permet donc de pleinement vivre le moment présent. Être nourri trois fois par jour par des cuisiniers. Bref, une fille heureuse.

Le parc national de Jasper ne te donne pas une seconde de repos. Tu veux juste toute regarder en même temps, tout l’temps, c’est incroyablement beau. Ça me rappelle la Nouvelle-Zélande, spécialement la route 16 west (celle où l’on entend des histoires macabres à travers le bouche à oreille québécois). Peu importe les histoires, c’est une route magique. Un flow magique. On s’arrête une fois de temps en temps pour errer avec des chèvres de montagne. Il est 8 :00 pm et le soleil est fièrement up in the sky. Il brille, peu importe l’heure qu’on lui attribue. Le vent frais, des routes infinies, des chaînes de montagnes majestueuses et le soleil de l’Ouest. On roule, on se sent invincibles. On recule dans le temps, on chase the sun. (Référence au changement d’heure).

Donc deux ours, deux renards, quatre chevreuils, quatre caribous et une quinzaine de chèvres de montagne plus tard; on aperçoit Prince George. Qui, soit dit en passant, est la ville détenant le statut du plus haut taux de criminalité au Canada. Sur ce, le seul choix légitime qui s’offre à nous en cette nuit sombre, c’est un motel. On s’avoue haut et fort qu’on a toujours voulu, un jour dans notre vie, vivre l’expérience d’un motel crado kitsch. On entend parler du Connaught Inn, apparemment c’est là que les tree planters vont quand ils débarquent à P.G.

René à la réception nous informe d’un rabais de dix dollars dû à l’absence d’eau chaude. Ça fait cinq jours qu’on n’a pas pris nos douches, okay René, c’est correct. Il nous informe également de ne pas accepter les offrandes de quelconque boisson puisqu’ici, c’est très fréquent de te faire empoisonner et de te réveiller le lendemain matin dérobé de tes biens. On se regarde étonnés, le sourire en coin. En tous cas,  go hard or go home dans tes histoires de motel sketch. L’ampoule brûle en plein milieu de ma douche froide, on se boit du vino sur notre balcon donnant sur le Wendy’s et puis on s’enfouit dans nos couvertes jaune moutarde.

Le Canada, c’est notre pays. Même si tu peux le survoler en quelques heures, à mon avis les rocheuses et le vent frais en valent les jours de conduite. Dans la vie, quand tu décides de prendre le chemin plus sinueux, c’est là que les histoires cocasses s’accumulent, non?  Pis t’sais, même si tes conditions de vie en mange une claque, de toute façon, toute chose finit par passer.

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Kiddo

 

Bon, ça y est, après tout ce temps, toutes ces hésitations, je suis là, à écrire. Pour ma créativité, pour vous, pour la familia qui veut entrer plus en détails dans mes aventures de voyages. L’idée de partager par écrit mes expériences et ma vision des choses est un peu effrayante, je dois l’avouer. Tout en essayant de garder en tête l’humilité comme premier outil, nos écrits peuvent tout de même être interprétés de mille et une façons différentes, et ça, on n’a pas le contrôle la dessus! Seulement sur nos intentions premières, qui sculptent le message qu’on essaie d’exprimer. Bref, écrire humblement, mais tout de même réaliser que les expériences qu’on a la chance de vivre, et bien oui, elles valent la peine d’être partagées. Simplement pour donner aux personnes qui nous entourent un aperçu des tours que cet univers a dans son sac.

Canaliser et partager la joie que nous procure cette petite vie sur Terre. Je vous jure, le nombre de fois que j’étais complètement bouche bée à regarder ce qui se passait devant mes petits yeux. Le nombre de fois que j’me suis dit: « BEN NON QUE JE SUIS ICI EN CE MOMENT. Je capote, je comprends pas, je fais juste enjoy. »

J’aime bien voir la vie comme un gros Roller Coaster. J’suis là, les bras dans les airs, et je vais avec le flow du manège. La vie nous mènera toujours là où l’on doit être, il faut juste apprendre à lui faire confiance. Quand on prend le temps d’y penser: Qu’est-ce qui pourrait être mieux pour nous, que ce que la vie met sur notre chemin? Et bien, rien! On est qui nous pour se plaindre, que ce qui nous arrive, « C’est donc ben pas juste »? Même s’il y a des imprévus et qu’on ne comprend pas trop pourquoi ça nous arrive: « Everything you are going through is preparing you for what you asked for. » Pensez-y deux secondes.

Même si t’es en voyage, toute seule, ton sac volé, ta carte de crédit bloquée, pas de place où dormir, et ben, tu l’as demandée tout ça. Et oui! C’est difficile à le comprendre parfois, mais je crois au fait qu’on est responsable de tout ce qui nous arrive dans la vie, puisque c’est nous qui l’avons attiré. Okay, je vous donne un exemple: en allant te coucher un beau soir, t’as fait une demande à l’univers, mais tu t’en es pas vraiment rendue compte. T’as comme priée inconsciemment. Tu t’es dit: « J’aimerais tellement ça avoir le courage de partir à l’aventure.  Devenir plus forte, plus indépendante et être capable de handle les grosses situations, comme dans James Bond ou Lara Croft. Ne pas avoir froid aux yeux, ça serait donc ben l’fun. »

Naturellement, t’as cette image de toi, ben confiante; cette vision d’une badass ninja qui gère les mésaventures de vie. Mais dans le fond la situation réelle; c’est toi huit mois plus tard, plus de cash, plus de sac, dans un pays étranger, sans aucune familiarité qui traîne quelque part dans un coin.

Fack es-tu contente? Tes vœux sont exaucés championne. Mais ça se passes-tu vraiment comme tu le voulais? Gères-tu vraiment aussi bien que tu l’avais imaginée? Okay, peut-être pas. Mais bonne nouvelle: toute va bien aller, parce que toute va déjà bien. On prend trois grandes respirations et on se rappelle que tout ça, ça fait partie de la beauté de la vie! Les mésaventures c’est tellement beau! C’est confrontant, c’est rough, c’est pas facile, mais au moins c’est divertissant. On va y donner ça à la « situation de merde », au moins elle est plus excitante que de regarder le tout à travers un écran trente-deux pouces sur ton sofa chez vous. Parce que là, c’est TOI qui le vis. T’es en plein dans l’action.

J’ai envie de partager avec vous une petite histoire datant de mon premier voyage solo. Donc, je viens tout fraîchement d’entrer dans la vingtaine. J’ai fini le Cégep, je suis en appart, je travaille dans un café sur le plateau Mont-royal, j’ai un boy présent dans les entourages. Toute va bien. L’inscription à l’université fut un succès. T’sais TOUTE VA BIEN! Mais un beau soir, bien tard, quelque part dans le néant nocturne rempli d’inspiration et de questions existentielles, quelque chose me frappe en pleine face; la promesse que je m’étais faite huit mois plus tôt. Celle-ci étant: « Fille, peu importe à quel point tu es rendue confortable dans ta p’tite vie montréalaise, tu le sais que la vie c’est bien plus que la petite réalité créée autour de toi. Tu le sais que tôt ou tard il te faudra partir seule découvrir ce monde. L’appel est simplement trop présent pour l’ignorer à tout jamais. »

Donc je suis là, dans ma petite chambre, les rêves de voyage qui spin dans mon imaginaire. Les papillons qui commencent à me virevolter dans le ventre. Qu’est-ce que je fais? Je continue à vivre dans le confort ou je me mets à la poursuite de ces papillons? Après avoir gentiment laissé mon mental évaluer le pour, le contre, le moins pire, le pire, les angoisses, les peurs, la famille, les attentes des autres. Toute le kit. La seule chose que je sais au matin, c’est que je vais aller acheter mon billet drette-là. Pas le temps d’hésiter ou de me retaper un marathon mental part two. J’appelle ma chère amie Catherine et on se donne rendez-vous à l’agence de voyage sur la rue Mont-Royal.

L’agent de voyage s’appelle Julio, il est d’origine colombienne et il est vraiment stocked de faire partie de cette aventure avec moi. Après avoir scruté les différentes options, on achète un billet pour l’Indonésie! (je dis « on » pour inclure leur support dans toute l’histoire). Pourquoi l’Indo? Et bien, après mon premier voyage au Nicaragua et spécialement après avoir surfé les magnifiques vagues latines. La seule chose que j’avais en tête était de nourrir et de satisfaire ma drive pour le surf.  Alors c’est quoi le plan? Je débarque en Indonésie toute seule et puis la seule chose que je sais, c’est que j’ai un billet de retour huit mois plus tard. Okay c’est fait! Le billet est acheté, maintenant j’ai plus l’choix, dans un mois je vais être la badass qui gère toute situation.

Le 1er octobre arrive bien vite. Je quitte Montréal, la tête dans les nuages, bien sûre de moi-même. « Okay Ciao là tout le monde, on se voit dans huit mois. Bye-là. » Les parents sont nostalgiques, moi je suis high; high on life. Je n’ai aucune idée dans quoi je m’embarque, mais la petite fille en moi me guide par sa naïveté d’enfant. Et puis la petite fille, je la follow, parce que c’est moi.

Embarque dans l’avion, je fais jouer ma playlist de tounes inspirantes et puis me voilà, flying high quelque part au-dessus de l’Océan Pacifique. Une fois arrivée au Japon, j’ai une escale d’une couple d’heures. Je visite l’aéroport. Aux toilettes, quand tu tires la chasse d’eau, tu peux choisir la bande sonore qui accompagnera le tout. Les Japonais sont carrément fascinants. Je me fume même une clope dans le smoking lounge. J’suis entourée d’hommes d’affaires japonais qui fument d’un air sérieux. Et puis je suis là à ricaner, mais j’ai aucune idée de ce qui m’attend. J’embarque dans l’avion. Je somnole.

Quelque part au milieu des nuages, j’ouvre les yeux et me lève subitement; l’angoisse s’empare de mon corps. Je me tape une crise d’anxiété dans la cabine des toilettes. Je braille. Ma respiration est rapide. Je me sens perdu. J’suis où? Mais qu’est-ce que je fou de ma vie? Je débarque à minuit dans la capitale de Jakarta et j’ai même pas une petite idée d’où aller. Je fly high quelque part au-dessus de l’Asie; aucun repère. Elle est là, la situation que j’avais demandée à l’univers. Drette-là. Mais elle est où la ninja badass qui gère? Je lève la tête, j’essuie mes larme et regarde tout droit mon reflet dans le miroir. Boom. Je la vois, elle est là, en moi. En nous tous.  Cette force intérieure plus forte que n’importe quoi.  Être un p’tit humain pogné dans une situation où tu n’as aucun autre choix que de handle. C’est toi et la vie. Personne d’autre. Je m’arrose le visage, me tapote les joues fermement et m’exclame : « Toute va bien aller, fais confiance à la vie, vas t’asseoir à ta place et les choses vont se placer. »

Comme de fait, je rejoins mon siège. Et puis ta-daaa! La vie effectue sa magie. Le voisin commence à me jaser. C’est un Indonésien qui vit maintenant à Miami et il s’en va visiter sa famille qu’il n’a pas vue depuis 3 ans. Un gros retour au bercail. On mange des fruits de mer et on boit du vino (je vous jure que les compagnies aériennes japonaises sont incroyables, et les agentes de bord sont trop jolies avec leur uniforme orange-rose flash). On placote de tout et n’importe quoi; je lui donne un très bref résumé de mes « plans ». Il me regarde avec une face de: « T’es pas sérieuse? T’as même pas une p’tite idée où aller quand tu arrives à Jakarta? C’est quoi que tu t’imagines jeune fille? »

Bon, apparemment ma naïveté et ma confiance en la vie piquent parfois la curiosité du monde. Ils me trouvent pas totalement stupide, mais il y a comme cette incompréhension. Pour eux, c’est inconcevable qu’une fille de vingt ans s’inflige ce genre de scénario. C’est ignorant slash dangereux slash ils sont où tes parents dans cette histoire? Bon, pour répondre à cette incompréhension; je ne crois pas au fait que le danger se cache derrière chaque nuit sombre ou derrière chaque étranger. Évidemment qu’il faut être conscient(e)s du danger, ben oui. Mais la peur c’est un choix, et non une fatalité.

À force de voyager, tu aiguises ton intuition comme tu aiguises tes patins de Hockey en début de saison. À un moment, c’est comme inévitable. Tu le sais quand quelque chose de louche traîne dans les parages. Nous sommes beaucoup plus sauvages et instinctifs que nous le pensons. N’importe quel animal est capable de détecter le danger et la menace à des milles à la ronde. Pourquoi pas nous? Êtres-humains dotés d’un sens critique, d’un sens du jugement. Pourquoi on devrait s’en tenir à repousser ce qui nous est inconnu? Le fuir, le craindre, le juger. N’est-ce pas justement un des principaux plaisirs de la vie?  Explorer cette magnifique planète (qui, en passant, est notre maison) et découvrir les multiples facettes de celle-ci?  La Terre est en soi un énorme terrain de jeu mis à notre disposition, pour que nous, petits humains, puissions apprécier et découvrir toutes les beautés de ce monde. Tout en vivant en harmonie avec la nature et nos semblables. En tous cas, c’est l’image que j’affectionne.

Sur cette incompréhension ressentie par mon nouvel ami indonésien, il me propose humblement de venir avec lui visiter sa famille. Il m’informe que la parenté complète sera présente, puisque c’est le temps de l’année où ils célèbrent une certaine cérémonie qui m’était inconnue. Ah et c’est une petite île éloignée avec aucune trace de tourisme. Seulement des habitants indonésiens. Voilà! La vie t’ouvre une belle porte. Que fais-tu? Tu laisses tous ces préjugés/stéréotypes défiler dans ta tête? Tu te rappelles toutes les peurs citées par ton entourage? Ou tu utilises ton sens du jugement et ton radar Good Vibes ? Because really, it’s all about good vibrations.

Je lui fais confiance. Il a beau avoir 40 ans, des racines musulmanes et les bras remplis de tatous; ça change quoi au moment présent? Tu le feel ? Go lance-toi! Fais-toi confiance et fais confiance à la vie. Si le petit enfant en toi s’élance vers ces papillons, Let it be.

FAMILIA INDO3